LE CAFÉ-PHILO DE LÉO



Jean Claude ROCAILLEUX
Ancien professeur de Philo
rocailleuxjc@gmail.com

Philippe JEANNE
Correspondant CA
p_jeanne@live.fr

 

La philosophie résonne souvent comme un souvenir de bachelier, vite absorbé par le cours de nos vies.
Pourtant, la philo, c'est comme la prose de M Jourdain : on en fait sans même le savoir, le vouloir.
Le cours de la vie, l'actualité, la lecture, autant d'occasions de croiser des thèmes philosophiques qui ne disent pas leurs noms.
Alors donnez vous la possibilité de creuser les idées, d'échanger : consensus ou contradiction, peu importe, l'essentiel est dans la construction des idées, dans la manière de partager, d'admettre ou de convaincre.
Le Café Philo de Leo a débuté ses séances le 08/01/2024, sur le thème : pourquoi philosopher ?
Ont suivi : la vie sociale est-elle nécessairement conflictuelle ?
une réflexion sur la valeur de la connaissance historique, un questionnement sur l'indicible ou l'inexprimable, la place de l'irrationnel dans nos comportements.
Nous voulons tenir un rythme de réunion mensuelle, assortie de lectures et de résumés.
Rien de scolaire, notre animateur, Jean Claude Rocailleux, professeur de philo en retraite nous fait gagner du temps sans nous noter.

Affutez vos idées, creusez pour mieux « voir », rejoignez nous !

 

Quelques billets du Café Philo de la saison

Billet philo du 23 mars 2026
 

A la place d’un billet permettez-moi de faire un pas de côté et de vous présenter :
Louis Barthas
1914, Louis Barthas a 34 ans quand il est mobilisé, il est marié père de deux enfants.
Tonnelier à Peyriac Minervois, il est socialiste, pacifiste et syndicaliste. Pendant cinq ans ce soldat ordinaire va écrire la guerre, sa guerre, dans des carnets et ses lettres à sa famille.
Ses carnets sont un témoignage brutal et monumental, celui d’un homme qui accepte, subit, mais réfléchit à sa condition et à celle de ses camarades de tranchées.
J'aime à penser qu'il a sûrement croisé mon grand-père à la gare de Narbonne en août 14, avant de monter dans un train décoré de cocardes qui partait pour l’Est de la France. Ceci explique peut-être mon attachement à ce fils de l’Aude.p>

Extrait :
« Si nous souffrions aussi stoïquement sans plaintes inutiles, qu’on ne vienne pas raconter que c’était par patriotisme pour défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, ou pour que ce soit la dernière guerre et autres balivernes ,c’était tout simplement par force, parce que victimes d’une implacable fatalité on devait subir son sort, chacun sachant bien que pris dans les dents terribles d’un formidable engrenage, Il serait broyé à la moindre tentative de velléité de révolte .Et perdant notre dignité, notre conscience humaine, nous n’étions plus que des bêtes de somme avec comme elles leur passivité, leur indifférence, leur hébétude . »
Les carnets de guerre
De Louis Barthas, tonnelier,1914-1918

Editions La Découverte

Philippe J.

(publié le 27 mars)

Billet philo du 2 mars 2026
 

C’est une participante du café philo, Yvette qui a proposé le thème ; l’art et la morale.
D’habitude nous étudions des textes de Kant, Rousseau, des textes classiques, outils éprouvés.
Pas cette fois ci.
Quelques jours avant la séance, Yvette et Jean Claude ont posté sur WhatsApp un texte extrait d’une revue spécialisée dans l’art Contemporain et une vidéo de Laure Murat historienne, professeur de littérature. Chacun de façon différente nous préparent au débat suivant : ; L’art et la morale, soit le rapport entre l’éthique et l’esthétique ;
Petites définitions :
L’éthique consiste à savoir hiérarchiser les valeurs.
L’esthétique définie ce qui est beau. Ce qui complique les choses c’est que la définition change en fonction des époques, des régimes politiques.
Imperceptiblement nous avons abandonné les canons classiques de la beauté définies par les Grecs et la morale, le bon goût, ne sont plus des boussoles. C’est l’originalité, la créativité, la liberté de l’artiste, le ressenti de celui qui regarde, qui les ont remplacés. Sur ce point nous sommes tous d’accord.
A partir de là, lâchez les fauves, laissez monter du fond de l’enfer, les Marquis de Sade, Picasso, Henry Miller, Henri Duchamp, Alfred Jarry … La liste est longue, trop longue.
Je me souviens de ma mère entrant dans ma chambre d’adolescent, un album de AC/DC à fond sur la platine. Sur son visage un mélange de consternation et d’épouvante. « C’est sûr c’’est pas du Tino Rossi » me sembla sur l’instant une réponse définitive.
Nous avons un débat animé ou s’invitent, l’intime, la religion, la philosophie, l’éducation et inévitable censure. Ça tangue dans les têtes, bien malin celui ou celle qui sortira de la salle Cauquière avec une idée bien arrêtée, une conviction coulée dans le béton.
Le sentiment général est que la rupture entre l’éthique et l’esthétique est la marque de l’autonomie de l’artiste envers le public, le pouvoir et les académies.
Bien souvent ce qui nous trouble face à une œuvre c’est notre incertitude ; aimer ou rejeter ? Tant la collision peut être violente entre notre cœur et la douce tentation du conformisme. Entre l’éthique et l’esthétique !
Les idées se bousculent se chevauchent, se contredisent sans polémique ni un gramme d’agressivité malgré des points de vue parfois opposés sur des sujets sensibles. Chacun écoute, répond, écoute à nouveau.
C’est chouette, c’est Léo

Philippe J.

(publié le 4 mars)

Billet philo du 26 janvier 2026
 

Nous imaginions descendre en canoés les boucles de la Seine du coté de Mantes- la- jolie. Promenade paisible en compagnie de Jean Jacques Rousseau et de Blaise Pascal.
Première erreur.
La séance du café philo de ce jour fût du canyoning impétueux dans les Hautes Alpes.
Deux textes de nos amis philosophes servaient d’introduction au sujet de jour ‘’Amour propre et narcissisme ’’.
Exigeant, mais avec du temps, de la patience nous serions prêts pour le café philo de lundi.
Deuxième erreur.
Oubliés les cours de philo du lycée, ici pas de dissert, ni de bac à la fin de l’année.
Jean Claude organise, le championnat du monde de la digression, le Woodstock du ‘’ une idée peut en cacher une autre’’
Nous évoquons Hegel, Kant, la religion aussi bien catholique que protestante, Hobbes, Copernic et Galilée. L’I A, les parents de Jean Claude, la succession d’entreprises familiales en haute Savoie, les relations avec nos enfants.
La conversation ressemble à une boule de flipper bousculée par un joueur épileptique.
Revenons des textes présentés :
Pour Rousseau tant que l’homme vit à l’état de nature, tout va bien.  L’amour de soi est nécessaire pour se protéger, subvenir à ses besoins, c’est au début de la vie en société que l’amour propre apparait. L’amour propre : s’aimer exclusivement, certain d’être bien mieux que son semblable et passer le temps à se comparer et à dénigrer.
Pascal pas plus optimiste considère que l’homme s’ennuie dans la société et que la seule personne qui peut le consoler c’est lui-même.
Jean Claude a qui je montre ma ‘’copie’’ avant Peps up m’invite à ajouter les deux phrases suivantes : Le point commun entre Pascal et Rousseau consiste à voir dans l'amour propre un produit de l'imagination, une illusion néfaste, une perte d'authenticité, une "aliénation".
Cependant Rousseau ajoute la distinction entre amour de soi (positif) et amour-propre (négatif).

Philippe Jeanne

(publié le 29 janvier)

Billet philo du 5 janvier 2026
 

Ça ne ressemble pas à une classe avec prof au tableau et élèves sagement alignés derrière leurs pupitres. Nous sommes assis en cercle et Jean Claude mène la conversation. Ça tient du salon, de l’agora et de l’arrière salle d’un café germanopratin.
L’objet du café philo n’est pas de rattraper sa note au bac ou de préparer l’agrégation, c’est pratiquer un sport cérébral comme on le ferait avec un puzzle, une grille de mots croisés.  Ce soir de janvier nous avons étudier un texte d’Emmanuel Kant.
La lecture de la traduction d’un texte allemand du 18ème siècle par un public de boomers français demande un petit effort, il faut bien le reconnaitre !
Jean Claude s’emploie à éclairer notre lanterne.
Le sujet est celui-ci ; l’apparition du concept de décence.
La décence consiste à donner la meilleure image de soi afin d’être respecté par les autres. Ainsi en dissimulant au regard ce qui peut attiser le désir sexuel chez autrui, l’être humain va apprendre à maitriser son instinct animal.
Doucement notre lointain ancêtre prend conscience que ce qui se gagne est plus agréable, plus digne que ce qui se prend par la force, l’instinct et sans véritable désir. Le chemin est ouvert aux sentiments, à l’amour et par un très long processus à la notion de beauté.
Nous étions loin d’imaginer au début de l’atelier que la feuille de vigne eût pour l’humanité un rôle décisif, que le respect de soi même et des autres fût la première étape vers la sociabilité et l’arrivée d’homo sapiens.

C’est chouette le café philo !
Philippe Jeanne

(publié le 7 janvier)

Billet philo de novembre 2025
 

Deux heures de philo ne se résument pas comme une course hippique mais on peut en donner une idée

Nous avons le mois dernier abordé « La servitude volontaire’’ de La Boétie.
Nous sommes loin d’en avoir fini, l’aventure continue et le tableau que Jean Claude nous présente aujourd hui est toujours aussi passionnant.
La Boétie interroge ; la servitude volontaire est-elle justifiée par la peur, ce qui la rendrait acceptable ou bien, de façon plus subtile est-elle un compromis que l’homme fait entre sa liberté et son confort.
Un siècle plus tard le philosophe anglais Thomas Hobbes continue de tracer le sillon. Pour lui, le choix de renoncer à la liberté naturelle est pour la société, la garantie de la paix civile et la survie de la société.
18 Ime siècle retour en France, Jean Jacques Rousseau frappe fort : Phrase courte et puissante tirée de son ouvrage ‘’ du contrat social’’

‘’ il n’y a nul dédommagement pour quiconque renonce à tout »

Oui, je sais, c’est brutal mais Jean Jacques il est comme ça, du style et du punch. Nous sommes encore un peu secoués, Jean Claude vient nous chercher dans les cordes avec une question que l’on n’entend pas a ‘’ Tournez manège’’

‘’Doit-on admettre que le pouvoir d’un tyran est légitime dans la mesure ou l’individu qui l’exerce est un être exceptionnel ?’’

C’est là que les choses sérieuses commencent :
Désolé je ne connais pas la sténo qui aurait été bien utile pour tout retranscrire, mais sachez que c’était fort intéressant, le tout à ’’ sotto voce’’.
Jean Claude invite aussi, Max Weber, Gustave Le Bon, Freud et Anna Arendt.
Le respect et la crainte, le besoin d’être protégé sont considérés comme les raisons de la servitude volontaire par ces éclaireurs.
Vers la fin de notre conversation une idée simple et forte se dessine :
ous acceptons cette servitude c’est en ça quelle est volontaire.
Elle nous plonge dans une régression qui nous fait ressembler à un petit enfant qui cherche la protection et la puissance du père celui que l’on aime et redoute celui qui punit et récompense.
Ne reste plus au tyran et autre despote de savoir jouer de notre imagination en créant un roman national, en désignant des héros à admirer, et des ennemies à détester.

Une chose est sure, si à la fin de cet atelier nous ne sommes pas plus malins nous sommes en revanche plus avertis.

Billet philo du 22 septembre 2025
 

Rentrée du ‘’ le café philo’’ de Leo Lagrange

Nous étions une douzaine ce lundi 22 septembre réunis à la salle Cauquiere.
Le sujet proposé par Jean Claude Rocailleux est un texte écrit par un jeune homme d’à peine 18 ans vivant au milieu du 16 -ème siècle, La servitude volontaire. Jean Claude nous a donné assez de documents par WhatsApp pour nous préparer.
Dans ce court ouvrage, Etienne de la Boétie pose une question simple qui resonne encore aujourd’hui.
Pourquoi les peuples acceptent ils de se soumettre à un roi ou un tyran, de façon volontaire le plus souvent ?
Pour La Boétie les causes principales sont l’habitude et la résignation, mais suffit-il de désobéir pour être libre ?
Suis deux heures de discussions, d’échanges et beaucoup de questions auxquelles Jean Claude répond avec clarté et simplicité.
Un peu de clarté dans notre monde n’est-ce pas le but de cet atelier ...

‘’La Servitude Volontaire’’ d’Etienne de La Boétie est un ouvrage disponible en édition de poche.>

 

GENÉSE DU CAFÉ PHILO

Le café-philo de Léo : c'est parti !

Lundi 11 décembre 2023, de 17h à 19h

une vingtaine de participants ont débattu des modalités et des thèmes des séances de notre café-philo, avec Jean Claude ROCAILLEUX, ancien professeur de philosophie qui a présenté son approche de la philosophie.

La première séance s'est déroulée le lundi 8 janvier 2024,

Après un premier échange sur ce que représente la philosophie pour chacun des participants,

le premier thème a porté sur :

« La vie sociale est-elle nécessairement conflictuelle ? »

Comme nous l'avions annoncé, la participation à ce café-philo ne nécessite aucun prérequis philosophique, simplement de la curiosité, de l'ouverture à des points de vue différents et de l'envie de partager.

 

Liste des questions proposées

Club philo
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Compte-rendu du premier club philo du 8 janvier 2024

Club philo Compte-rendu du 8 janvier 2024
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Deux textes pour prolonger la réflexion de cette première séance

Texte d'Aristote _ l'homme est naturellement sociable (autrui) - Hansen- love over-blog
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Thomas Hobbes. Les causes de discorde - ▷ Phil info
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Texte pour préparer la séance sur la connaissance historique

 

Paul Valéry, 1875-1945, Regards sur le monde actuel
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